En coulisse – Ecrire en lumière naturelle

Il est aujourd’hui indéniable que l’arrivée du numérique a permis de démocratiser la photographie. Les reflex sont devenus accessibles à (presque) tout le monde et les millions de pixels « pleuvent » sur nos écrans d’ordinateur. Mais on oublie trop souvent que cette surenchère de technologie ne remplacera jamais une chose essentielle en photographie : la maitrise de la lumière ! Nous allons laisser de coté ici la lumière artificielle dite de « Studio », pour aborder la seule lumière naturelle. Enfermé dans un studio, le photographe place ses sources lumineuses comme il le souhaite. En extérieur, celui ci se doit de maitriser une lumière changeante aux variations infinies : celle du soleil.

A l’origine de la photographie

Du grec : graphein (dessiner) et photo (lumière), l’étymologie du mot « photographie » est là pour rappeler qu’avant même son appareil photo, la lumière est le premier outil de travail du photographe. En extérieur, le secret est donc de ne pas subir le temps qu’il fait mais plutôt de savoir l’utiliser à son compte. Contrairement aux idées reçues, il n’existe donc pas d’heure ou de journée « idéale » pour faire des photos, mais plutôt des moments clés, adaptés ou non à certain type de prises de vues. Selon la saison, l’heure de la journée et de certains éléments perturbateurs (nuages, pollution, ombres disgracieuses), le photographe doit sans cesse changer de point de vue, tourner et danser autour de son sujet et surtout être patient. Dans un premier temps, nous allons apprendre que, selon l’heure de prise de vue, la couleur de la lumière change constamment. Dans un deuxième temps, comment se placer et positionner son sujet par rapport à la lumière du soleil.

La couleur de la lumière
Tout au long de la journée la qualité colorimétrique de la lumière change. En fonction de l’heure de prise de vue, il est ainsi possible d’obtenir des rendus de couleurs différents d’une même situation ou d’un même sujet. Il est évident que ceci n’est valable que si vous faite de la photo couleur. Pour le noir et blanc, pas de problème de dominante colorée…

A l’aube. La lumière appartient à ceux qui se lèvent tôt ! Pour les photographes, les premières lueurs de l’aube révèlent des couleurs magiques. Jaunes dorés, rouge orangé, rose violet, une palette de tons chauds flamboyants et saturés. En contre jour, la lumière se disperse dans la brume du matin, efface les détails et met en valeur les contours. Les ombres et les silhouettes dominent.

A midi. C’est le plus souvent en milieu de journée que l’amateur décide de sortir son appareil photo. Pourtant, le soleil à son zénith offre une lumière blanche et dure, difficile à exploiter. A moins de rechercher des couleurs fortement saturées, c’est le moment le moins propice pour faire des photos.

Le soir. La fin de journée offre une variété de couleurs qui se rapproche de celle du matin. Des tons chauds, flatteurs et toujours riche en émotion. Le coucher de soleil n’est-il pas un des sujet le plus photographié au monde ? Le soleil descend vers l’horizon, l’angle de la lumière se referme progressivement avec pour résultat des ombres qui s’étirent et qui envahissent facilement toute l’image.

Et de nuit ? Même sans la présence du soleil, il y a toujours un peu de lumière qui se cache quelque part. La lune, extraordinaire réflecteur naturel, mélangé à la lumière artificielle de la ville, offre une palette de couleur peu contrastée et de belles ombres noires. Ce qui procure souvent des photos très dynamiques. A la fois inquiétante et sécurisante l’obscurité donne des résultats très intéressants pour le photographe. Enfin, il ne faut pas hésiter à sortir le trépied car vitesse lente et flous de bougé sont vites arrivés.

Savoir s’orienter.

En extérieur, le soleil offre un éclairage puissant et contrasté, qu’il faut absolument apprendre à maitriser avant de se précipiter sur son appareil photo. Il vaut donc mieux commencer par lever les yeux vers le ciel, se positionner en fonction du soleil et essayer d’orienter au mieux la lumière sur son sujet.

De face. Dans la majorité des cas on aura tendance à se placer dos au soleil, le sujet face à nous. Encore une fois il s’agit de la pire des solutions ! Pour des photos de mode ou de portrait, cela procure une lumière plate et inesthétique, qui offre peu de modelé au sujet photographié. D’autant plus que ce dernier aura tendance à fermer les yeux ou encore pire à garder ses lunettes de soleil ! Si vous n’avez pas d’autre choix et si vous ne pouvez pas attendre, la solution consiste à utiliser des accessoires, du type Flash ou réflecteur, pour diffuser et adoucir la lumière (nous y reviendrons un peu plus tard). De plus, à cette heure de la journée, vous obtiendriez des paysages au rendu uniforme, avec peu d’ombre et donc peu de relief. Il faut donc éviter, dans la mesure du possible, de faire des photos dans ce genre de situation.

De coté. Cet éclairage permet de commencer à jouer réellement avec la lumière, sans trop de difficulté. Il suffit pour cela d’attendre que le soleil soit à 45° par rapport à son sujet. Ou bien de demander à ce dernier de se tourner légèrement à droite ou à gauche. Les ombres vont commencer alors à apparaître et à révéler des formes et des textures. Reliefs, volumes et modelés sont au rendez vous !

A contre-jour. Plus compliqué à mettre en œuvre, cet éclairage est aussi celui qui procure le plus de satisfaction et de créativité. Bien utilisé celui ci permet de donner de la profondeur à une image. Des ombres portées se retrouvent devant le sujet et attirent le regard. C’est un éclairage qui permet également de travailler la silhouette et de détacher un personnage caché dans un paysage. Attention cependant aux reflets dans l’objectif et aux forts écarts de lumière.

Rasant. Disponible généralement en début ou fin de journée (le midi aussi pour certain sujet vertical). La lumière qui effleure la surface du sujet, va procurer des ombres exagérées avec des effets graphiques fort intéressants.

Diffusée et indirecte. Au temps de la photographie argentique, la faible sensibilité des pellicules obligeait le photographe à travailler le plus souvent en plein soleil. C’est pourquoi le stéréotype de « On ne fait de belles photos qu’en plein soleil » est encore très répandu aujourd’hui chez le photographe amateur. Aujourd’hui le numérique permet, sans prendre trop de risque, de photographier par temps nuageux (lumière diffusée) ou en positionnant son sujet dans un coin d’ombre (lumière indirecte). L’avantage de ce type d’éclairage alternatif est qu’il permet d’obtenir une lumière douce qui convient bien pour des photos de mode, de groupes ou de portrait. Enfin celle ci offre une riche palette de ton, difficile à obtenir en plein soleil. Il ne faut plus hésiter à faire des photos dans de telles conditions.

Et en intérieur ?
Quand on fait des photos en intérieur le premier reflex est d’allumer « bêtement » son flash. Or il est très intéressant d’utiliser la lumière du jour, qui entre dans la pièce. A travers, par exemple, une porte ou une fenêtre. Il suffît pour cela de placer simplement son sujet près de la source lumineuse. On va obtenir ainsi, contrairement au flash, une photo assez contrastée avec une lumière douce qui va se poser sur le sujet et un fond relativement sombre, selon l’intensité lumineuse de la pièce.

 

Quelques accessoires.
Les photographes professionnels et certains amateurs experts utilisent divers accessoires, permettant d’améliorer les conditions de prises de vues en extérieur. Posemètre, Flash et autre réflecteur sont là pour accompagner le photographe dans sa recherche perpétuelle de la lumière idéale.

Le posemètre à main. Bien que les appareils photos d’aujourd’hui disposent de leur propre système de mesure de lumière, il est judicieux de disposer d’un « Posemètre à main » en complément. Alors que le système de mesure intégré à l’appareil va mesurer la « lumière réfléchie » par le sujet. Le posemètre à main va permettre de mesurer la « lumière incidente », qui vient directement du sujet. C’est à dire que ce dernier va mesurer la lumière qui vient réellement éclairer le sujet. Cela permet de bien exposer ce dernier, contrairement au système intégré à l’appareil photo, qui va plutôt prendre en compte une lumière plus globale de la scène.

Le Flash. Dans 90% des cas le photographe professionnel va utiliser son flash en… extérieur ! En effet, celui constitue un complément de lumière idéal dans le cas d’éclairages naturels difficiles. Le meilleur exemple est la possibilité qu’il offre d’atténuer et de « déboucher » les ombres disgracieuses. Celles que l’on retrouve sur le visage d’un personnage placer en plein soleil. Il permet également d’éclairer parfaitement un sujet en contre jour, on dit alors qu’on l’utilise en « Fill-in ». Le flash à tête amovible dit « Cobra » est celui qui offre le plus de liberté et donc le plus de créativité. Il est bien plus puissant que les flashs intégrés, dispose de toute une gamme d’accessoires et permet d’orienter son éclair dans presque toutes les directions.

Le réflecteur. Il se présente le plus souvent sous la forme d’un disque lumineux. Il offre la possibilité de renvoyer la lumière naturelle du soleil sur le sujet, selon un angle souhaité. Tout comme le flash il permet de déboucher les ombres disgracieuses sur les visages. Il en existe plusieurs types aux rendus très différents. Blanc, il permet d’apporter une lumière douce sur le sujet. Argenté, il va renvoyer une quantité de lumière très importante, pour un « débouchage » plus prononcé. Enfin le doré se rapproche de l’argenté mais va donner une couleur de lumière plus chaude.

Ma meilleure ennemie.
Vous l’aurez compris, la maîtrise de la lumière est indispensable en photographie. Le plus perfectionné des appareils photos, ne remplacera jamais la sensibilité et la capacité du photographe, à trouver la lumière idéale. Il faut donc procéder par étape, se demander quel est son sujet principal et comment ces règles de base vont permettre de le mettre en valeur. En sachant qu’un bon éclairage ne veut pas forcement dire un éclairage complexe. Si la technique photos peut s’apprendre en quelques heures, il faut souvent toute une vie pour apprendre à lire et à maitriser la lumière, c’est la marque de fabrique des plus grands photographes.

Ecrit par : Gérald Géronimi - Catégorie : Actualités En coulisse, Aucun commentaire sur En coulisse – Ecrire en lumière naturelle

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